Équipe Clavel


Marie-Annick Clavel

Dre Marie-Annick Clavel a obtenu un doctorat en médecine vétérinaire (DMV)
à l’Université Claude Bernard de Lyon (France) et un doctorat en sciences
cliniques et biomédicales à l’Université Laval à Québec (QC, Canada). Elle a
poursuivi sa formation par trois ans de stage postdoctoral à la Mayo Clinic à
Rochester (MN, United States of America). Elle est professeure agrégée au
Département de médecine de l’Université Laval (Québec) et chercheure à
l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec depuis
2014. Ses objectifs de programme de recherche sont d’élucider les différences
entre les sexes dans la physiopathologie, la présentation clinique, le diagnostic
et le devenir chez les patients atteints de maladies valvulaires cardiaques et
en particulier la sténose aortique. Elle s’intéresse de plus aux patients
présentant une insuffisance cardiaque, un faible débit et des marqueurs de
sévérité discordants de la sténose aortique. Elle a publié plus de 200 articles
scientifiques et plus de 400 résumés dans des congrès nationaux et
internationaux.

Dans la sténose valvulaire aortique, elle a montré pour la première fois
que les femmes présentent moins de calcifications de la valve aortique que les
hommes pour la même sévérité hémodynamique de la sténose aortique. Ensuite, son
équipe a démontré que les femmes ont plus de fibrose valvulaire que les hommes,
localisée dans un tissu conjonctif plus dense. Dans l’insuffisance mitrale
isolée, elle a démontré qu’il existe un sous traitement important du patient.
De plus, les femmes sont encore moins souvent traitées que les hommes et la
chirurgie de l’insuffisance mitrale primaire est retardée, en raison de
marqueur de sévérité de la maladie non sex-spécifique sous-estimant la gravité
de la maladie et de ses conséquences chez la femme. Ce délai de traitement pour
les femmes souffrant d’insuffisance mitrale conduit à davantage d’insuffisance
cardiaque après la chirurgie.

Chez les patients atteints de sténose aortique présentant des marqueurs
de gravité discordants à l’échocardiographie, le Dr Clavel a fourni plusieurs
nouveaux indices pour évaluer la gravité réelle de la sténose aortique, tels
que la surface valvulaire aortique projetée à débit normal et le score calcique
valvulaire aortique. De plus, elle a démontré qu’au moins 50 % de ces patients
avec discordance échocardiographique présentaient une sténose sévère sans égard
à l’état du débit et au bénéfice d’une intervention sur la valve aortique.

Le Dr Clavel a introduit le concept de ratio de peptide natriurétique de
type B, en divisant le niveau mesuré du peptide sur la valeur normale maximale
attendue pour l’âge et le sexe du patient. Ce nouveau paramètre était un
puissant prédicteur du devenir des patients présentant une sténose aortique et
que chez les patients asymptomatiques, l’élévation du rapport BNP était un
prédicteur de mauvais pronostic sous traitement médicale et ainsi, ces patients
pourraient bénéficier d’une chirurgie précoce (c’est-à-dire avant l’apparition
des symptômes). Elle a également démontré que le ratio BNP est utile dans la
régurgitation mitrale et peut également aider à la décision chirurgicale.

Le Dre Clavel est titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la
santé valvulaire cardiaque des femmes et a reçu plusieurs prix d’excellence des
instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation des maladies du
cœur, de la société de cardiologie Canadienne, de la fondation Jacques de
Champlain et du club de recherches cliniques du Québec. Ses travaux de
recherche sont ou ont été subventionnés par les instituts de recherche en santé
du Canada, la Fondation des maladies du cœur, la fondation de l’université
Laval et la fondation de l’IUCPQ. 

La mission du laboratoire et les projets

L’objectif de son programme de recherche est d’élucider les différences entre les sexes dans la physiopathologie, le diagnostic et le traitement des patients porteurs des maladies valvulaires cardiaques et en particulier de la sténose aortique.

La sténose aortique est la troisième maladie cardiovasculaire la plus importante dans les pays à revenu élevé. Cette atteinte de la valve aortique est caractérisée par une calcification et une fibrose importante des tissus valvulaires qui conduiront à l’obstruction du flot sanguin entre le ventricule gauche et l’aorte. Depuis des années, la sténose aortique est étudiée dans des modèles animaux entièrement masculins dans le but de minimiser l’hétérogénéité et dans des cohortes majoritairement composées d’hommes car le sexe masculin a été présenté comme un facteur de risque de la maladie. Ainsi, notre compréhension du rôle qu’à le sexe dans la pathophysiologie, la présentation et le devenir des patients atteints de sténose aortique limite notre habileté à personnaliser la prise en charge des patients et à optimiser leur traitement pour un meilleur devenir. Dans de récents travaux, Dre Clavel et son équipe a démontré que pour une même sévérité hémodynamique de la maladie, les femmes avaient une charge calcique valvulaire moins importante que les hommes. Cette différence serait expliquée par une plus grande fibrose de la valve aortique chez la femme et une calcification plus importante chez l’homme.

La régurgitation mitrale est la seconde maladie valvulaire le plus prévalente (après la sténose aortique). Les femmes semblent plus atteintes par cette maladie, cependant les hommes sont plus souvent référés en chirurgie. De façon intéressante, nous avons démontrer que l’application des seuils de sévérité proposés dans les guides de pratiques, sans indexation par rapport à la surface corporelle ou la taille du cœur du patients avaient une tendance à sous-estimer la maladie chez la femme. Ceci conduirai à un délai au traitement voire une absence de traitement marqués chez les femmes et donc un devenir plus sombre.

L’objectif global du programme de recherche du Dre Clavel est de caractériser les différences entre hommes et femmes dans la physiopathologie, le diagnostic et le traitement des maladies valvulaires. Les études menant à l’atteinte de cet objectif global seront effectuées sur des données disponibles provenant de cohortes humaines, de valves humaines explantées, de cellules interstitielles valvulaires, de modèles murins de sténose aortique, et des études interventionnelles prospectives chez des patients. Le premier objectif de ce programme est de documenter la prévalence, la présentation au moment du diagnostic et le devenir clinique des patients atteints de maladie valvulaires en fonction du sexe. Le deuxième objectif est d’étudier la modulation du système rénine-angiotensine (RAS) et des hormones sexuelles dans les différences liées au sexe de la physiopathologie de la sténose aortique. Le troisième objectif est d’évaluer un modèle murin existant de sténose aortique qui imite les différences liées au sexe dans la physiopathologie de la sténose aortique et d’explorer les mécanismes qui expliquent ces différences. Enfin, le quatrième objectif consiste à utiliser ce modèle murin pour évaluer l’effet de diverses thérapies sur le taux de progression de la maladie et pour déterminer si l’ampleur de cet effet diffère entre les femelles et les males. Le programme du Dre Clavel vise à apporter de nouvelles connaissances et à sensibiliser davantage à la spécificité sexuelle dans la pathophysiologie et l’épidémiologie des maladies valvulaires et à la nécessité d’une prise en charge spécifique au sexe afin d’améliorer le devenir des patients. Ainsi, les résultats de son programme de recherche pourraient avoir un impact important sur les lignes directrices pour la gestion des patients atteints de maladies valvulaires, en établissant des lignes directrices spécifiques pour les femmes et les hommes.

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